[align]center|Jean Lefebvre est mort, il n'y a plus de «Tontons»[/align]
[align]justify|L'ultime survivant de la mythique scène de la cuisine a succombé dans la nuit d'une crise cardiaque à Marrakech.
Il avait joué dans 130 films et dans de nombreuses pièces de boulevard.
C'était le dernier «Tonton flingueur» encore vivant («Ce serait pas des fois, de la betterave...?»). Sur les cinq principaux acteurs du film de Georges Lautner sorti en 1963, Francis Blanche est mort en 1974, Lino Ventura et Robert Dalban en 1987, Bernard Blier en 1989. Jean Lefebvre disait ainsi en 2002 à «Libération»: «Plus je vieillis, plus je me rapproche de Dieu, c'est très curieux. Je suis le dernier de la scène de la cuisine des Tontons flingueurs. Blier? Mort. Francis Blanche? Mort. Lino? Mort. Et Dalban? Mort aussi.» Il est mort à son tour, le Paul Volfoni des Tontons, dans la nuit de jeudi à vendredi d'une crise cardiaque à Marrakech (au Maroc) où il vivait, à l'âge de 84 ans.
Né le 3 octobre 1919 à Valenciennes, fils de maréchal-ferrant, Jean Lefebvre commence des études de médecine interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Il opte ensuite pour le chant et sort du Conservatoire de Paris en 1948 avec un deuxième prix d'opéra-comique. Il préfère finalement la carrière d'acteur, sur les conseils de René Simon, célèbre professeur d'art dramatique. Quelques mois plus tard, Jean Lefebvre débute au cabaret, notamment à L'Amiral, à Paris, où il joue le numéro de soûlographie des «Vignes du Seigneur». Il part ensuite à New York pour se produire dans «La plume de ma tante», revue à sketches de Robert Dhery. De retour en France, Jean Lefebvre apparaît au théâtre dans des comédies à succès telles que «Je veux voir Mioussov», «Qui est qui», «Le grand standing», «Les jumeaux», «Oui patron» ou «L'entourloupe».
A partir de 1952, Jean Lefebvre entame une carrière au cinéma avec «Bouquet de joie» de Maurice Cam et «Une fille sur la route» de Jean Stelli avec Georges Guéthary. Ce sont les premiers d'une longue série. Lefebvre tourne beaucoup, et son palmarès dépassera les 130 films. D'abord dans des rôles secondaires, un soldat ivre dans «Les Diaboliques» d'Henri-Georges Clouzot (1955) ou René dans «Et Dieu créa la femme» de Roger Vadim (1956). Mais sa filmographie va ensuite s'étoffer de nanards aux titres évocateurs, comédies à l'humour facile, comme «La Polka des menottes» de Raoul André (1957), «Houla-Houla» de Robert Darène (1959), «Faites sauter la banque» de Jean Girault (1963), «Quand passent les faisans» d'Edouard Molinaro (1965) ou «C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule!» de Jacques Besnard (1974). Il dira lui-même fort lucidement: «J'ai tellement tourné de navets que ma carrière est un potager.» Sa gueule de cocker et ses paupières tombantes lui donnent un air de chien battu irrésistible, vaguement bêta et attendrissant.
Quelques uns de ses films sont restés mythiques. Un an après «Les Tontons Flingueurs», il entre dans la peau du Maréchal des Logis Lucien Fougasse avec le premier opus de la série des gendarmes «Le Gendarme de Saint-Tropez» de Jean Girault (1964). En 1973, il incarne le téléphoniste Pitivier dans «Mais où est donc passé la 7e Compagnie?» de Robert Lamoureux («Chef, j'ai glissé chef...!»). Jeudi soir encore, sur France 3, on le retrouvait Léonard Michalon dans «Ne nous fâchons pas» de Lautner (1965).
Ces dernières années, le comique popu était retourné au théâtre, celui du boulevard bien sûr. 900 fois il est monté sur les planches pour «Pauvre France», pièce écrite en 1972 par Jean Cau. Il y incarnait Victor Tabouré, teinturier à Limoges qui apprend que sa femme le trompe avec son propre frère... L'année dernière, l'infatigable comédien reprenait «Les Jumeaux» de Jean Barbier, au Théâtre des Nouveautés. Grand fumeur, grand joueur et amateurs des perroquets, l'homme s'était marié quatre fois. Sa dernière épouse, Brigitte, disait que ce ténor du panthéon des acteurs comiques français n'était pas drôle du tout. Comme quoi.[/align]
[align]center|Mais si il y a nous pour continuer Les tontons .[/align]
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